Achat local, histoire d’un désastre.

Par son bureau d’enquête,  le Journal de Montréal et TVA ont dévoilé des conditions de travail exécrables dans des usines de textiles au Bangladesh.

Comme si on venait de tomber des nues et de s’apercevoir du problème …

Après avoir vu ces reportages, certains se demandent si les habitudes d’achat changeront au profit des entreprises de chez nous ou les gens vont continuer de favoriser les bas prix?

Ben voyons, la majorité des gens favoriseront toujours leur porte-monnaie même si ces reportages ne les laissent pas indifférents.

Je vous raconte notre petite expérience …

En 2004, ma femme Ingrid et moi avions ouvert une boutique de vêtements de maternité, enfants et nous avions de grandes ambitions!  Nous étions sensibilisés aux pauvres conditions des travailleurs de l’industrie du textile et nous ne voulions pas vendre avec sur la conscience qu’un adulte ou enfant soit exploité. Notre étude de marché était catégorique, tout le monde se disait prêt à payer quelques dollars de plus pour avoir des vêtements « Qualité Québec ou Canada » avec des designers d’ici et de la fabrication ou conception canadienne.

Ingrid devant sa boutique Ingrid et Cie, maternité et enfants

Notre sondage concluant, nous sommes allés rencontrer notre banque avec notre concept « bonne conscience » et la «Boutique Ingrid & cie» voyait le jour avec presque exclusivement des vêtements et accessoires d’ici. C’est un processus très long de trouver et rassembler des fournisseurs, mais nous y sommes arrivés.

Vêtements pour enfants dans la boutique Ingrid et Cie

Les gens qui se présentaient à notre boutique ne cessaient de nous répéter à quel point, ils adoraient notre concept, la beauté des lieux et la qualité de nos vêtements et bla-bla-bla. Toutefois, lorsque venait le temps d’acheter, ils étaient souvent timides même si nos prix n’étaient quand même pas beaucoup plus haut que la concurrence pour une qualité supérieure.

Intérieur de la boutique Ingrid et Cie

Orgueil mal placé, nous avons tout tenté pour nous convaincre que notre idée était la bonne;  investissements supplémentaires,  pub journaux, marketing,  promotion, mascottes, déménagement  et j’ai même joué au père Noël sur le bord de la rue pour attirer les gens à -18 degrés mais sans grand succès …

Trois ans et demi plus tard avec 115 000$ de dettes, nous avons lancé la serviette, Ingrid n’aura jamais été en mesure de se payer un seul petit salaire!

Vitrine de la boutique Ingrid et Cie

Faire la promotion  de «Acheter local, Qualité Canada ou Qualité Québec bla-bla-bla.», c’est un bien beau concept pour se donner bonne conscience mais cela relève du monde merveilleux de Disney car une fois rendu à la caisse, pour la majorité des consommateurs, c’est la poche qui parle et imaginez comment sera l’achat dans les prochaines année avec l’achat en ligne, les livraisons gratuites et les prix coupés­.

Allez chez Walmart, Costco ou Target ce week-end, vous allez comprendre…

Ah oui, que sont devenus nos surplus d’inventaires après avoir tenté d’écouler sur le WEB à la suite de la fermeture ?  Liquidé à 4$ le morceau sur Kijiji, toute une aubaine !

Heureusement, nous avons beaucoup appris, des frais de scolarité …

[ Guy Bolduc ]

Image principale : photo Luba Glazunova sur Unsplash.

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Guy Bolduc

Guy Bolduc

Entrepreneur passionné par le Web, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, fondateur de Bollé Communications, de PPN Source® et de PPN World. Fan de foot et ancien présentateur à TVA et Radio-Canada, je mets aujourd’hui mon énergie au service de la communication numérique, avec une touche d’inspiration espagnole 🇪🇸.

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