Fin 2023, près de la moitié des grands sites d’information bloquaient déjà les robots d’OpenAI. Et les communiqués de presse ? Tout le monde avait une opinion, personne ne l’avait mesuré. Le Centre de recherche PPN World l’a fait.
L’étude, en termes simples
Chaque site web a un petit fichier, le robots.txt, qui indique aux robots ce qu’ils ont le droit de lire. Les robots d’IA, ceux d’OpenAI, d’Anthropic, de Google ou de Perplexity, sont censés le respecter.
Émile Bolduc, du Centre de recherche PPN World, a lu ce fichier pour chacun des 1 503 sites derrière 500 129 communiqués publiés entre le 1er juillet et le 6 octobre 2026 : entreprises, diffuseurs, gouvernements, villes, universités, ligues sportives. Il a testé 13 robots d’IA. Détail important : les hypothèses ont été enregistrées avant de lire le premier fichier.
Ce qu’on a trouvé
- 94 % des communiqués sont ouverts à tous les robots d’IA testés.
- 99 % sont ouverts aux robots qui alimentent les réponses de ChatGPT, Claude et Perplexity.
- Quand un site dit non, c’est à l’entraînement, pas à la citation. 28 sites bloquent le robot qui sert à entraîner les modèles d’OpenAI, mais laissent passer celui qui alimente la recherche de ChatGPT. Aucun ne fait l’inverse.
- Rien n’a bougé en un an. Les mêmes fichiers, lus un an plus tôt, montraient à peu près le même portrait.
- Le vrai obstacle, c’est souvent le pare-feu. 75 sites ont refusé l’accès à notre outil automatisé directement sur la page du communiqué. C’est à peu près autant que les sites qui bloquent l’IA dans leur robots.txt, sauf que ce blocage-là, bien souvent, personne ne l’a choisi.
Pourquoi c’est important pour vous
Quand quelqu’un demande à une IA ce que fait votre entreprise, elle répond avec ce qu’elle peut lire. Votre communiqué en fait partie. Contrairement à plusieurs grands médias qui ferment la porte aux IA, le communiqué reste presque toujours accessible.
Le conseil pratique : vérifiez votre salle de presse, pas seulement votre robots.txt. Un pare-feu mal réglé peut rendre vos nouvelles invisibles aux machines sans que vous le sachiez.
Je le dis avec un intérêt évident, puisque PPN Source diffuse des communiqués au Québec et au Canada, et que PPN World suit en direct les communiqués du monde entier. Mais les données sont ouvertes : tout le monde peut les vérifier.
Archivée par la communauté scientifique
L’étude est déposée sur Zenodo, l’archive scientifique ouverte opérée par le CERN, avec un identifiant DOI permanent. Elle est aussi indexée dans OpenAIRE, l’infrastructure européenne de science ouverte. On y trouve les versions française, anglaise et espagnole, ainsi que les données site par site.
Lire l’étude
L’étude a été écrite par Émile Bolduc pour le Centre de recherche PPN World.
- L’étude complète en français
- PDF en français, anglais et espagnol, et données ouvertes (Zenodo)
- DOI : 10.5281/zenodo.23270780
L’étude est publiée sous licence CC BY 4.0 : vous pouvez la citer et en reprendre les graphiques et les données, avec attribution.
Ce texte a d’abord paru le 29 octobre 2026 dans Six heures d’avance, mon infolettre sur Substack. Abonnez-vous gratuitement pour recevoir les prochains.