Parfois, on se demande si ça vaut vraiment la peine d’écrire ce genre de texte.
On se dit qu’il y a des problèmes bien plus graves dans la vie. Que ça ne changera probablement rien. Que le sport est ainsi fait. Que les décisions se prennent, que les portes se ferment, et qu’il faut simplement passer à autre chose. C’est vrai.
Mais parfois, se taire devient aussi une façon d’accepter l’indifférence.
Alors je l’ai écrit quand même.
Comme reporter sportif, j’en ai entendu des histoires. Des athlètes oubliés. Des joueurs ou des joueuses passés sous le radar. Des convocations difficiles à comprendre. Des sélections où l’on se demande parfois si tous les dossiers ont réellement été étudiés avec la même attention. J’ai aussi entendu des parents convaincus que leur enfant méritait mieux, alors que la réalité sportive était parfois plus nuancée.
Je connais tout cela.
Mais dans le cas de notre fille, Roxanne Bolduc, je ne parle pas nécessairement comme parent. Je parle comme quelqu’un qui a passé une bonne partie de sa vie à observer le sport, à poser des questions, à chercher la logique derrière les décisions mais cette fois, je le vis de très près.
Et encore aujourd’hui, dans son dossier, je ne la trouve pas. C’est un dossier vraiment mystère.
Roxanne est née à Saint-Hyacinthe, au Québec. Elle a grandi au Québec. Elle a commencé le soccer à Beloeil. Elle a joué son soccer de jeunesse sur le Rive-Sud de Montréal. Ses premières années, ses premiers entraîneurs, ses premiers matchs, ses premiers championnats : tout cela s’est construit au Québec.
Elle n’a pas été formée en France.
Elle n’a jamais joué un match en France lorsqu’elle était petite.
Il faut le dire, parce que c’est au cœur de l’histoire. Le sujet n’est pas de savoir si Roxanne préfère le Canada ou la France, la France, c’est maintenant sa nationalité sportive et c’est un grand honneur.
C’est l’histoire d’une joueuse née au Canada, formée au Québec, partie se développer en Espagne à l’adolescence, qui n’a jamais été réellement suivie ni évaluée par son propre pays, pendant qu’une autre fédération, la France, a fini par regarder son profil avec sérieux.
Et c’est précisément cela qui dérange.
Roxanne a joué avec les Dragons de la Vallée-du-Richelieu (CSVR), puis dans d’autres structures québécoises. Avant son départ pour l’Europe, elle évoluait avec des garçons avec l’Ascalon de Saint-Georges, avec une autorisation spéciale de l’association de la région de Québec, parce que son développement le commandait. Déjà à ce moment, son parcours n’était pas banal.
À 13 ans, notre famille a quitté le Québec pour l’Espagne. Roxanne ne parlait pas espagnol. Elle n’avait pas de réseau. Elle n’avait pas de passe-droit. Elle a dû se faire une place seule, dans un pays où le soccer est une culture, une exigence, une pression quotidienne.
Mais elle n’a jamais été seule dans son développement.
Derrière le parcours d’une athlète, il y a toujours beaucoup de gens qui se greffent au fil du temps. Il y a les entraîneurs privés, les éducateurs, les préparateurs physiques, les physiothérapeutes, les psychologues sportifs, les préparateurs mentaux, les nutritionnistes, les coéquipières, les dirigeants de clubs et tous ceux qui, à un moment ou à un autre, contribuent à faire progresser une jeune joueuse.
Comme parents, nous avons toujours été impliqués dans son cheminement, en collaboration avec ses entraîneurs et les gens autour d’elle. Pas pour diriger sa carrière à leur place, mais pour l’accompagner, pour comprendre les étapes, pour l’aider à se structurer, pour nous assurer qu’elle avance dans un environnement sérieux, exigeant et sain.
Roxanne est d’abord passée à Valencia par le CFF Marítim, un club de la ville, puis la grande entrée par Levante UD, une académie reconnue en Europe et particulièrement fermée comme les autres clubs en Liga F, où il est rare pour une jeune joueuse étrangère de réussir à se tailler une place. Elle a ensuite signé avec Valencia CF. À seulement 16 ans, elle y est devenue l’une des plus jeunes défenseures centrales de la Segunda Federación en Espagne. Elle a ensuite poursuivi son parcours avec Villarreal CF, où elle continue de se développer.
Aujourd’hui, elle évolue dans un environnement professionnel espagnol. Elle s’entraîne dans des structures sérieuses chaque jour. Elle affronte des joueuses de très haut niveau. Elle continue de se développer comme défenseure dans l’un des pays les plus forts au monde en soccer féminin, le pays des championnes du monde.
Ce parcours, il nous semble, aurait dû éveiller un minimum de curiosité au Québec, au Canada.
Pas une garantie de sélection.
Pas un traitement spécial.
Pas une place assurée.
Juste une vraie évaluation.
Or, depuis le début, nous avons plutôt eu l’impression que Roxanne n’entrait dans aucune case.
Les premiers contacts ont débuté le 28 août 2022, à une dame responsable des programmes de développement à Soccer Québec, un courriel sans réponse, un appel non retourné, un message personnel sur Linkedin (vu) mais demeuré sans réponse.
Tu te dis que ces gens sont sûrement très sollicités, c’est normal.
Ensuite, à travers différentes portes et contacts à Soccer Québec et Soccer Canada, pendant quatre ans, nous avons envoyé des vidéos, des mises à jour sur sa progression, des informations sur ses clubs, ses matchs, son évolution, ses convocations et son développement en Espagne, toujours courtois, gentil, poli, chaque mot pesé et analysé.
Nous n’avons jamais envoyé un courriel en demandant une faveur. Nous avons documenté son parcours, étape par étape et surtout demandé comment frapper à la bonne porte mais personne n’a répondu ou donné la voie à prendre.
Même à l’époque où Roxanne était admissible avec les U17 du Canada, nous avions tenté un direct voyant que personne ne répondait à quoi que ce soit. Roxanne avait elle-même contacté l’entraîneure par Instagram afin de lui demander la possibilité de participer à un entraînement avec l’équipe canadienne qui se trouvait alors au Portugal. Nous étions prêts à assumer toutes les dépenses. Le déplacement, l’hébergement, les frais liés à cette occasion : nous voulions simplement qu’elle puisse être évaluée, ne serait-ce qu’une fois.
Là encore, rien de concret n’a suivi.
Son ancien entraîneur en sélection régionale au Québec est même intervenu pour tenter de faire avancer les choses via Soccer Québec, pour expliquer le profil de Roxanne et aider à dénouer la situation. En vain.
Malgré cela, j’ai continué chaque année à envoyer un petit message, les réponses de Soccer Québec sont toujours demeurées administratives, presque mécaniques. Deux exemples et j’en ai bien d’autres.
Bonjour M. Bolduc
Merci pour votre courriel – notre responsable de haut performance fera un suivi
Bonjour M. Bolduc,
Je transfère votre message à Canada Soccer.
Merci,
Voilà! Nette, frette et sec, comme ont dit au Québec.

Pendant quatre ans, malgré toutes ses performances dans un pays comme l’Espagne, malgré son évolution dans des clubs reconnus, malgré son profil atypique de jeune Québécoise formée ici et développée ensuite en Europe, nous n’avons jamais reçu un appel de Soccer Québec ou Soccer Canada.
Pas un appel pour s’informer.
Pas un appel pour poser des questions.
Pas un appel pour comprendre son environnement, son niveau, ses matchs, son évolution ou son quotidien dans des clubs comme Levante UD, Valencia CF ou Villarreal.
Rien.
Et c’est probablement ce qui fait le plus mal. Parce qu’on ne parle pas d’une joueuse disparue des radars dans un championnat obscur. On parle d’une jeune Québécoise qui progressait dans l’un des pays les plus forts du monde en soccer féminin, dans des structures professionnelles, face à des joueuses de très haut niveau.
À un moment donné, il nous semble qu’une fédération devrait au minimum lever le téléphone.
Nous avons aussi tenté d’ouvrir une porte au CNHP qui est devenu l’Académie féminine du CF Montréal. Là encore, l’idée n’était pas de réclamer quoi que ce soit. Nous voulions simplement qu’une structure canadienne puisse la voir, l’observer, l’évaluer.
La coach a donné espoir qu’un entraînement pourrait avoir lieu, nous avions une date, nous avions spécifiquement arrangé notre passage au Québec pour que cela « fitte ».
Finalement, arrivé au jour, cet entraînement n’a jamais eu lieu.
On nous a posé un lapin.
Puis, plus rien.
Aucun retour. Aucune relance. Aucune explication. Le silence.
Puis lueur d’espoir …
En janvier 2024, après avoir écrit de différentes façons pour tenter d’obtenir un vrai contact à Soccer Canada, nous avons finalement reçu une réponse. On nous remerciait d’avoir communiqué au sujet de Roxanne et de son admissibilité canadienne, puis on nous dirigeait vers une première étape d’évaluation par l’entremise d’un système de demande de joueuses.
On nous écrivait essentiellement que, de là, Canada Soccer pourrait être en contact avec nous si des prochaines étapes étaient nécessaires.
Nous avons donc rempli le formulaire.
Un Google Forms.
Des vidéos, un CV, etc.
Puis, encore une fois, plus jamais de nouvelle.
Pas d’appel. Pas de suivi. Pas d’échange sportif. Pas de questions sur son contexte, son championnat, ses matchs, son développement en Espagne ou son profil de joueuse.
Encore une fois, le dossier semblait entrer dans un système, mais sans que quelqu’un prenne réellement le temps de regarder la personne derrière le formulaire.
Ce genre de situation est encore plus difficile à comprendre quand, au même moment, en Espagne, nous observions une réalité complètement différente. À Levante UD, puis à Valencia CF, les joueuses étrangères étaient suivies par leur pays d’origine. Les fédérations regardaient leurs joueuses, demandaient des nouvelles, suivaient leur évolution, communiquaient avec les clubs ou les familles.
Toutes les nationalités semblaient avoir un lien avec leur pays.
Sauf Roxanne avec le Canada.
C’est probablement l’un des constats les plus troublants de toute cette histoire. Elle était Canadienne. Elle était Québécoise. Elle jouait en Espagne. Elle progressait dans des clubs reconnus. Mais son propre pays semblait absent.
Pendant ce temps, Roxanne avançait.
Roxanne comme toute la famille, possède la double nationalité, canadienne et française et la France, elle, a fini par la regarder. Pas parce qu’elle avait joué en France. Pas parce qu’elle avait grandi dans le système français. Mais parce qu’une joueuse franco-canadienne évoluant en Espagne, avec un profil physique, une bonne lecture du jeu, une maturité défensive et une trajectoire particulière, méritait au moins d’être évaluée.
Elle a été appelée avec l’équipe de France U17. Puis avec l’équipe de France U19. Elle a chanté la Marseillaise avec honneur et porté le maillot français, notamment lors de matchs internationaux et dans le cadre de l’Euro U19.
Et c’est là que l’histoire devient encore plus difficile à accepter.
En plein Euro avec l’équipe de France U19, Roxanne reçoit finalement un courriel de Canada Soccer. Le 4 février, une personne des opérations des équipes nationales lui demande d’envoyer une copie de son passeport et de remplir un formulaire si elle désire participer à un camp d’évaluation des U20 au Costa Rica, en vue de la Coupe du monde. L’entraîneure de l’équipe U20 et une personne responsable des opérations des équipes nationales jeunesse sont aussi en copie.
Pour Roxanne, c’est un choc même si, elle avait mis cela aux oubliettes.
Pour nous aussi, en toute franchise, nous n’y pensions même plus.
Sérieux? Après toutes ces années, le Canada semble enfin ouvrir une porte en plein Euro U19?
Mais encore une fois, il faut être clair : l’enjeu n’était pas que Roxanne préfère le Canada à la France. Ce n’est pas l’angle. Ce n’est pas la réalité.
L’enjeu, c’est la logique.
Par souci de transparence, Roxanne a elle-même pris l’initiative d’informer son entraîneur Philippe avec l’équipe de France U19 ainsi que la grande responsable de la direction technique de la Fédération française de football. Elle a écrit le matin et en début d’après-midi, ils appelaient. Elle leur a expliqué la situation. L’échange a été très cordial même si Roxanne en tremblait. Ils semblaient comprendre que ce genre de scénario pouvait arriver.
Le lendemain, on lui a toutefois recommandé d’être prudente avec les règles de la FIFA, puisqu’elle avait déjà participé à l’Euro avec la France. Selon la compréhension qui nous a été partagée, si elle rejoignait le Canada pour un camp comprenant des matchs officiels, cela pouvait peut-être avoir un impact important sur son admissibilité future avec la France.
Roxanne s’est donc retrouvée devant une situation extrêmement délicate.
Elle n’était pas en train de magasiner un pays.
Elle voulait simplement être évaluée par le pays où elle est née, où elle a grandi, où elle a appris à jouer et pouvoir montrer ce que l’Espagne lui a appris depuis 5 saisons ici.
Elle nous a dit : « J’écoute mon cœur. Au moins, ils vont m’évaluer une fois et s’ils ne m’aiment pas, au moins j’aurai tout donné et je n’aurai pas de regret. »
Comme parents, nous lui avons répondu que la décision lui appartenait. Qu’elle devait seulement être bien informée, parce que ce genre de choix peut avoir des conséquences importantes dans une carrière internationale.
Nous avons donc communiqué avec Canada Soccer pour expliquer sa situation particulière. On nous a répondu que le contexte était compris et qu’on ferait attention à cet aspect, c’était le premier échange en 4 ans.
Pendant trois semaines, Roxanne a rempli chaque semaine des fiches sur ses entraînements. Elle les transmettait à une personne du programme canadien. Tout semblait sérieux. Tout semblait indiquer qu’il y avait un réel processus.
Même Villarreal aurait libéré Roxanne pour les dates du camp.
Dans notre esprit, la logique était simple : si on lui demande ses documents, si on connaît sa situation avec la France, si on lui demande un suivi hebdomadaire de ses entraînements, si son club la libère pour le camp, c’est qu’on veut vraiment l’évaluer.
Puis la liste de joueuses est sortie le 15 mars.
Roxanne n’était pas sélectionnée pour le camp.
Villarreal et nous, avons reçu une lettre froide, impersonnelle, indiquant qu’elle n’avait pas été retenue pour le camp U20 au Costa Rica.
Et depuis?
Rien.
Pas d’explication claire. Pas de retour humain. Pas de suivi sportif. Pas de commentaire sur son profil. Pas de réponse aux séquences vidéo envoyées par la suite, notamment des images de ses matchs contre l’Espagne avec la France et de ses prestations avec Villarreal.
Si son nom était Jody Wilkinson from Vancouver, est-ce que ce serait différent? Je ne sais pas, je ne veux pas trop embarquer sur ce terrain là.
Roxanne est restée silencieuse pendant un bon moment, puis elle nous a dit : « Je réalise que l’important, c’est mon club. Il ne faut jamais que je l’oublie. Les sélections, c’est la cerise sur le sundae. C’est extraordinaire, mais on peut apprendre à s’en passer si cela marche comme cela. »
Pour la suite, en avril, Roxanne n’a pas été convoquée pour la 2e phase de l’Euro U19 avec la France.
Vous pouvez déduire ce que vous voulez. De notre côté, nous tenons à le dire : la France a été d’un respect et d’une gentillesse extrême avec elle. De la classe.
Bilan.
Une jeune joueuse née au Québec, formée au Québec, partie en Espagne à 13 ans, ayant réussi à se frayer un chemin dans des clubs comme Levante, Valencia CF et Villarreal, appelée par la France U17 puis U19, se retrouve finalement coincée entre deux systèmes.
La France l’a évaluée, parce qu’elle a vu un potentiel.
Le Canada, lui, a semblé se réveiller tardivement, lui demander des documents, lui demander des suivis, créer un espoir réel, puis refermer la porte sans véritable explication.
Et Soccer Québec, dans tout cela, ne semble jamais s’être réellement battu pour elle.
Mais nous posons une question simple : comment une joueuse avec ce parcours peut-elle ne jamais avoir été réellement évaluée par son propre pays?
Comment une Québécoise qui évolue en Espagne, qui a porté le maillot de la France en sélection jeunesse, qui possède un profil de défenseure centrale moderne, peut-elle recevoir aussi peu d’attention de la structure canadienne?
Comment peut-on parler de développement, de repérage, de bassin national, si une joueuse comme elle doit presque supplier pour qu’on regarde son dossier?
Et surtout, comment peut-on laisser une joueuse québécoise partir en Europe, se développer dans des clubs professionnels, être repérée par une autre nation, sans que son propre pays ne manifeste un intérêt réel avant qu’il ne soit presque trop tard?
Le plus difficile, dans cette histoire, ce n’est pas la non-sélection. Dans le sport, il y a toujours des choix. Il y a toujours des déceptions. Il y a toujours des joueuses qui restent à la porte.
Le plus difficile, c’est le sentiment que le processus n’a jamais été clair.
Le plus difficile, c’est le silence.
Le plus difficile, c’est de voir une jeune athlète faire les choses correctement, informer tout le monde avec transparence, suivre les demandes, prendre un risque émotionnel et sportif, puis se retrouver seule avec les conséquences.
Vous savez quoi ? Cette semaine, l’équipe canadienne féminine U20 sera à Murcia, littéralement dans notre cour, pour s’y entraîner et mercredi 3 juin, lors du match contre l’Angleterre, Roxanne sera dans les estrades comme spectatrice.
Elle regardera ce programme qu’elle a tenté de rejoindre depuis des années. Elle regardera ce maillot qu’elle aurait voulu porter, non pas par opportunisme, mais parce qu’elle est née au Canada, qu’elle a été formée au Québec et qu’elle a longtemps espéré qu’on lui donne simplement une vraie chance d’être évaluée.
Et nous sommes prêts à parier une chose : personne de l’unifolié ne traversera le terrain pour venir lui parler.
Pas pour lui demander comment elle va.
Pas pour lui dire qu’on connaît son parcours.
Pas pour lui expliquer la décision.
Pas même pour reconnaître qu’elle existe.
C’est peut-être cela, au fond, le résumé de toute cette histoire.
Roxanne n’a jamais demandé qu’on lui ouvre la porte sans mérite. Elle a seulement demandé qu’on la regarde vraiment.
Et même quand le Canada sera à quelques mètres d’elle, dans le même stade, dans le même environnement, après quatre ans de vidéos, de courriels, de formulaires, de silences et d’occasions manquées, il y a fort à parier que personne ne viendra simplement lui serrer la main.
Dans le sport, on peut accepter une non-sélection.
On peut accepter qu’un entraîneur fasse d’autres choix.
On peut accepter qu’une fédération préfère d’autres profils.
Mais ce qui est plus difficile à accepter, c’est l’indifférence.
Parce qu’au bout du compte, la vraie question demeure la même :
Qui, à Soccer Canada ou à Soccer Québec, a réellement voulu évaluer Roxanne Bolduc?
Pas la classer dans un fichier.
Pas transférer un courriel.
Pas répondre par politesse.
Pas l’envoyer vers un formulaire sans suite.
L’évaluer vraiment.
Parce qu’au fond, c’est tout ce qu’elle demandait.
Vous allez lui dire de continuer à regarder vers l’avant, c’est vrai.
Et elle le fera anyway.
Parce que Roxanne a toujours avancé ainsi : en travaillant, en encaissant, en apprenant, en se relevant, c’est le sport. Mais regarder vers l’avant ne veut pas dire faire semblant que tout cela n’a pas existé. Cela ne veut pas dire accepter le silence comme une réponse normale. Cela ne veut pas dire que les questions n’ont pas le droit d’être posées. Car dans une vie, nous avons 15-16-17-18 ans, une seule fois.
Si son histoire peut servir à quelque chose, ce sera peut-être à rappeler qu’une jeune joueuse au Canada dans une situation similaire, dans ce sport ou un autre, ne devrait pas avoir à se battre pendant des années simplement pour être regardée par son propre pays.
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Guy Bolduc
Entrepreneur passionné par le web, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, fondateur de Bolle.ca et PPNSource.com. Fan de foot et ancien présentateur à TVA et Radio-Canada, je mets aujourd’hui mon énergie au service de la communication numérique, avec une touche d’inspiration espagnole 🇪🇸.